Ce début de semaine fut chargé en démarches administratives, et c’est avec une certaine joie que j’ai retrouvé une journée durant tronçonneuse, hache et tracteur pour accomplir deux tâches dont une essentielle à la suite des évènements.
La première, de moindre importance, fût de débiter et ranger trois arbres – dont deux des frênes à coup sûr – afin de se constituer un stock de bois le plus conséquent possible. Ce bois, alimentant de séchoir à crottins, doit sécher tout de même deux ans dans l’idéal. Mais vu la demande en production je pense qu’il sera au feu dans l’année. En attendant nous alimenterons le séchoir avec du bois coupé et débité deux ans auparavant dans notre lieu dit… Avoir un marchand de bois comme voisin, ça n’a pas de prix
. Le résultat d’une journée de travail donne près de 3 stères de bois qu’il faudra mettre au sec et oublier le temps de sécher. Trois stères représentant 1 mois et demi de production du séchoir, d’autres arbres y passeront certainement dans le mois, histoire d’entretenir les berges d’un étang trop longtemps abandonnées.
La deuxième tâche est elle beaucoup plus critique: elle concerne la préparation des prés et la pousse printanière de l’herbe. Pour faire un engrais de qualité il faut une pâture de qualité et donc des prés bichonnés. Les prés ayant souffert des sabots et de l’appétit des chevaux durant l’automne et hiver, reçoivent un passage (vi et ri)goureux d’une herse attelée à un tracteur et ceci juste après le dégel et avant le départ de pousse d’herbe, c’est à dire au tout début mars en fonction de la météo. Ce coup de griffe va réduire les inégalités et les mottes de terre et aérer le sol de manière superficielle sans – trop – atteindre les racines de l’herbe. Si on herse trop tôt, la herse s’enfonce dans la boue. Trop tard, le sol sec ne se rompt plus sous les griffes… il faut bien choisir son moment dans le calendrier et dans la journée (avec un coup de fil à l’ami agriculteur… deux avis valent mieux qu’un).
De plus cette action mécanique va étaler les crottins laissés sur place (on en laissera toujours, volontairement) qui retourneront amender le sol du pré. Une des règles de l’agriculture étant de privilégier l’action mécanique au détriment de la chimie, nous soignons particulièrement ce travail afin d’éviter un renforcement en engrais chimiques. Les quelques deux hectares et quelques sont ainsi traités avec des tracés précis, et ils sont désormais fermés pour au moins 2 mois, voire trois aux chevaux. Une période difficile où ils n’auront qu’un demi hectare pour se dégourdir et la vue d’un brin d’herbe qui pousse comme seule perspective gustative. Heureusement qu’ils ont toujours du bon foin et que le rythme des sorties s’accélère avec l’arrivée du soleil printanier.









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